USA: la Fed laisse son taux inchangé à 5,25%, reste prudente sur l'inflation
ECONOMIE | 08h10
La Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé inchangé jeudi son
principal taux directeur à 5,25%, en rendant un verdict prudent sur
l'amélioration de l'inflation.
"Les chiffres sur l'inflation de base se sont légèrement améliorés au
cours des derniers mois", a indiqué la banque centrale à l'issue de sa
réunion de deux jours.
Elle a toutefois assorti
son jugement d'un bémol: la modération des pressions inflationnistes
doit se confirmer "de façon convaincante", et d'ailleurs l'inflation
reste sa "préoccupation prédominante".
De
plus, elle n'a pas répété la phrase affirmant que l'inflation semblait
à même de s'infléchir à terme. Elle le faisait lors de ses précédentes
réunions.
A l'appui de sa vigilance, la
banque centrale a invoqué le bas niveau du chômage qui risque de créer
des tensions sur les salaires. La forte utilisation des ressources dans
les entreprises risque aussi de faire monter les prix.
"Ce communiqué est cohérent avec un statu quo durable", a réagi Marie-Pierre Ripert d'Ixis CIB.
La Fed se livrait là à un
exercice délicat, car il lui fallait informer les marchés qu'elle avait
pris note des petits signes d'amélioration sur l'inflation sans pour
autant leur donner l'impression de baisser la garde.
L'inflation de base, mesurée hors
alimentation et énergie, commence depuis quelques mois à refluer vers
la barre des 2% qui constituent le seuil de tolérance de la banque
centrale. Mais comme la révision à la hausse des chiffres du premier
trimestre est venu le rappeler jeudi (avec une inflation liée au PIB au
plus haut en 16 ans), il est trop tôt pour crier victoire.
Le statu quo sur les taux avait
été largement anticipé par les marchés mais ils espéraient beaucoup un
changement de ton sur l'inflation, et ils ont accueilli le communiqué
avec prudence: l'indice Dow Jones prenait 0,19% à points à 13.453,82
points à la Bourse de New York vers 18H30 GMT.
Pour
Robert Brusca de FAO Economics, la Fed a "trouvé le moyen de retirer
son affirmation comme quoi l'inflation était +assez élevée+, mais en
même temps de dire que l'amélioration n'est pas suffisante".
Au chapitre de la croissance, le Comité de politique
monétaire (FOMC) s'est voulu rassurant, en jugeant que "l'économie
devrait continuer à croître à un rythme modéré dans les trimestres Ã
venir".
La Fed s'est ainsi dite confiante de voir la
croissance rebondir, après le passage à vide du premier trimestre (0,7%
seulement en rythme annuel).
Elle a fait état d'une croissance "modérée" au
premier semestre, "en dépit de l'ajustement en cours dans l'immobilier
résidentiel".
Elle n'a cependant pas fait allusion aux difficultés
du secteur des prêts à risques ("subprime") qui commencent à inquiéter
Wall Street et qui pourraient fissurer la croissance s'ils venaient Ã
contaminer la consommation, qui est le premier moteur de l'économie
américaine.
Pour Sal Giuatieri, de BMO Financial Group, le
dilemme de la Fed se pose en des termes simples: "si elle baisse ses
taux d'intérêt et donne un coup de pouce au secteur immobilier, elle
risque d'alimenter l'inflation. Si elle les monte pour juguler
l'inflation, elle risque de faire s'écrouler l'immobilier".
"Dans ces conditions le mieux pour la Fed est de ne rien faire", ajoute l'économiste.
Le taux directeur de la Fed est fixé à 5,25% depuis un an déjà .