Reuters accepte d'être racheté par Thomson pour 8,7 milliards de livres
La Reuters Founders Share Company, chargée d'assurer l'indépendance
éditoriale du groupe et qui peut bloquer tout rachat grâce à une
"golden share" lui assurant 30% des droits de vote en assemblée
générale, soutient l'offre d'achat proposée par Thomson, a souligné le
groupe britannique dans un communiqué.L'opération reste encore soumise
à l'approbation des régulateurs de la concurrence dans le monde, ainsi
qu'à celle des actionnaires de Reuters. Le communiqué souligne que la
finalisation de l'opération n'est donc pas certaine.
La famille Woodbridge de Toronto, qui contrôle 70% du groupe Thomson,
soutient déjà la transaction. Elle détiendra 53% du nouveau groupe si
l'offre d'achat est finalisée. Les autres actionnaires de Thomson en
détiendront 23% et ceux de Reuters 24%.
Le nouveau groupe Thomson Reuters, qui serait doublement coté sur les
Bourses de Toronto et Londres, détiendrait 34% du marché de
l'information financière, contre 33% à Bloomberg. Le rapprochement
devrait permettre aux deux entreprises d'économiser 500 millions de
dollars par an trois ans après la fusion, selon le communiqué.
Thomson a proposé de payer 352,5 pence par action Reuters et de
remettre 0,16 action du nouveau groupe par action Reuters actuellement
détenue, ce qui valorise le groupe britannique à 8,7 milliards de
livres sur la base du cours de l'action Thomson et du taux de change
dollar canadien/livre lundi soir.
Le secteur de l'information financière est en pleine ébullition
actuellement, sur fond de croissance des marchés et des revenus
boursiers. Le magnat des médias Rupert Murdoch a également lancé une
OPA de 5 milliards de dollars sur le groupe américain Dow Jones.
Du pigeon voyageur aux écrans d’ordinateur