Les chiffres rouges et les nouvelles dépréciations d'actifs annoncées jeudi font de Credit Suisse une des banques européennes les plus touchées par la crise du crédit jusqu'ici. Loin derrière UBS toutefois. L'avis de deux spécialistes de la branche.
Cette perte pour Credit Suisse est-elle une surprise?
S'il
la juge «très regrettable», Alain Bichsel n'est pas surpris.
L'évolution des marchés, en mars surtout, la laissait prévoir, estime
le porte-parole de la Commission fédérale des banques (CFB), autorité
de surveillance officielle en Suisse.
Analyste financier chez Bordier, Michel Juvet n'est pas plus surpris. Depuis quelques semaines, les informations laissaient supposer cette perte. Certaines estimations circulant dans le marché allaient même bien au-delà .
Quelles explications à ces mauvais chiffres?
Comme
UBS, Credit Suisse a procédé à des amortissements sur les produits Ã
risque CDO (instruments financiers liés à des crédits hypothécaires
commerciaux), indique Michel Juvet.
Autre domaine, qui touche plus UBS que Credit Suisse: les prêts hypothécaires commerciaux. Une petite partie de la perte est due aussi aux opérations de financement à levier d'entreprises.
La banque conserve toutefois une «très bonne capitalisation» (9,8% de ratio de fonds propres de base T1) et dépasse les obligations légales. Elle est très solide aussi sur le plan de la liquidité, indique Alain Bichsel. Conséquence: ces mauvais résultats ne modifient pas l'appréciation générale de la Commission fédérale des banques à son propos.