Hildebrand: "la crise des crédits n'est pas encore surmontée"
Par Crédit financement le vendredi, mars 14 2008, 14:34 - Banques - Lien permanent
Répétition de la veille
Zurich (AWP) - Les turbulences actuelles sur les marchés financiers ne sont pas encore surmontées: Philipp Hildebrand, vice-président du directoire de la BNS en est convaincu. Au contraire "une série d'indicateurs du marché se sont à nouveau ou encore détériorés ces dernières semaines", a constaté M. Hildebrand.
Par ailleurs, les signes se multiplient selon lesquels les problèmes jusqu'ici limités à une partie du marché global des crédits tendent maintenant à déborder sur d'autres secteurs, selon le vice-président qui s'exprimait jeudi soir sur le thème "Globalisation et évolutions actuelles sur les marchés financiers". Il a tenu son discours devant l'Institut pour la recherche étrangère de l'Uni de Zurich.
Selon M. Hildebrand, les primes de risques sur les immeubles commerciaux, les crédits à la consommation et les emprunts d'entreprises ont fortement augmenté ces derniers temps. Il n'est donc pas étonnant que les acteurs du marché tentent de réduire leurs engagements sur les marchés des crédits parfois de manière agressive. Par ailleurs, l'affaiblissement marqué de la croissance aux USA va encore rendre plus délicate la situation sur les marchés des crédits. On est peut-être entré dans une nouvelle phase avec un mécanisme négatif de couplage entre marchés financiers et économie réelle, selon M. Hildebrand.
La situation ne devrait se calmer que si les prix de l'immobilier américain se stabilisent que les effets de la crise des subprimes sur les autres segments du marché s'estompent et si la conjoncture mondiale se révèle résistante aux turbulences actuelles. Dans cette optique, il faut mentionner le dynamisme de l'économie européenne comme point positif, tout comme celui de quelques pays émergents.
Les banques centrales du G10 vont à l'avenir étroitement collaborer et réagir de manière mesurée à de nouvelles tensions sur le marché. La marge de manoeuvre est toutefois limitée dans la mesure où l'inflation continue d'augmenter. Les autorités de surveillance ont aussi un rôle à jouer. Les milieux spécialisés comme le Financial Stability Forum et le Comité de Bâle estiment que les régimes régulateurs et de surveillance doivent encore être améliorés.
Les dispositions sur les liquidités et les fonds propres en particulier devront être affinées encore, afin de les renforcer et de les adapter aux récents développements sur les marchés financiers. Les banques devront aussi se reposer la question des systèmes de primes: ces dernières années, la pratique des bonus a contribué à augmenter l'appétit du risque. Il faudrait peut-être que les banques fassent comme les fonds spéculatifs en la matière: lorsqu'un courtier réalise une perte, il doit d'abord la refaire avant de pouvoir recevoir, éventuellement, un bonus sur les bénéfices.
mk/rp
(AWP/14 mars 2008 06h18)