La lutte contre l'inflation et la bulle du prix des actifs est la priorité du gouvernement pour 2008.

Plusieurs facteurs ont contribué au bond de l'indice des prix à la consommation: les hausses de cours mondiaux de certains produits (pétrole, céréales), ainsi que "la pression due à une liquidité excessive", a souligné M. Xie.

Pour tenter de juguler le phénomène, les plus hautes autorités chinoises, réunies en décembre sous la houlette du Parti communiste chinois au pouvoir, ont indiqué qu'elles adopteraient cette année une politique monétaire plus stricte.

Pour Tao Wang, économiste de Bank of America, cela devrait se traduire par "la poursuite de mesures de contrôle macroéconomiques, sous forme de contrôle du crédit, des feux verts plus parcimonieux aux projets d'investissements, ainsi qu'une appréciation plus rapide du yuan", la monnaie chinoise.

"Mais vu que les baisses de taux par la Réserve fédérale devraient se poursuivre, nous ne prévoyons pas de multiples hausses des taux en Chine cette année", a-t-il dit.

"La Banque centrale devrait être plus prudente en matière de hausse des taux et procéder à 2-3 hausses dans l'année", approuve Chen Jijun de Citic Securities. JP Morgan, dans une note, en prévoit trois.

Les autorités ont eu recours en 2007 à six hausses des taux d'intérêt et dix des réserves obligatoires des banques afin de tenter de limiter le crédit qui nourrit les investissements, dans un système où la liquidité est jugée excessive.

Wang Tao et Chen Jijun estiment que "ces investissements sont le facteur ayant le plus contribué à la croissance du PIB", davantage même que les exportations.

Celles-ci sont restées nettement excédentaires, bien que les autorités de Pékin cherchent à rééquilibrer la balance commerciale, notamment pour alléger les tensions avec ses partenaires occidentaux déficitaires.

L'excédent commercial record a atteint 262,2 milliards de dollars (plus de 178 milliards d'euros), en hausse de 47,7% par rapport à 2006.

"Le ralentissement économique à l'extérieur, Etats-Unis en tête, devrait toutefois ralentir le rythme des exportations de la Chine", souligne Shen Minggao de Citi, à l'instar de nombreux analystes.

"Déjà la croissance s'est modérée au 4e trimestre (11,2% en glissement annuel après 11,5% au troisième) principalement en raison d'une croissance moindre des exportations", note Tao Wang.