Après UBS et Citigroup, Merrill Lynch voit rouge
Par Crédit financement le vendredi, janvier 18 2008, 23:13 - Banques - Lien permanent
La grande banque américaine finira l'année avec un déficit de près de 8 milliards de dollars. Avec elle, c'est toute l'Amérique qui tremble.
La deuxième plus grande banque du monde tousse fort. Frise peut-être la broncho-pneumonie. Hier, Merrill Lynch a fait ses comptes: elle affichera, pour 2007, une perte annuelle de 7,8 milliards de dollars. Et le seul quatrième trimestre celui dont on savait qu'il allait révéler l'ampleur des pertes sur les crédits hypothécaires pourris lui coûtera 9,8 milliards de dollars.
Quelques jours donc après la première banque mondiale, Citigroup, sa petite soeur commence à dévoiler ses plaies. Lundi, en effet, Citigroup a révélé une perte liée aux subprime de 10 milliards de dollars, la suppression de 4200 emplois et la recherche d'argent frais à hauteur de 14,5 milliards de dollars.
Dans sa foulée, Merrill Lynch est également en manque de liquidités, à hauteur de quelque de 7 milliards de dollars, afin de maintenir ses fonds propres à niveau. Dans les deux cas, des fonds d'Etat que cela soit du Koweït ou de Singapour sont venus à la rescousse pour renflouer ces titans bancaires américains.
UBS ne fait pas mieux
Et n'allez pas croire que le scénario ne se déroule qu'outre-Atlantique. Transposez cela sur UBS: cela donne une perte annuelle 2007 encore non chiffrée, une perte de valeurs de 18 milliards de francs et un besoin de recapitalisation de 12 milliards de francs, largement souscrit par le fonds Government of Singapore Investment Corporation (CIG), qui, le 27 février prochain, devrait devenir le plus gros actionnaire de la banque suisse. Pour la première fois, d'ailleurs, les agences de notations tels Moody's ou Standard & Poors commencent à s'interroger sur la solidité financière de ces établissements, alors qu'elles-mêmes avaient, ces dernières années, béni les incroyables montages spéculatifs autour des crédits immobiliers à blanc américains délivrés par les grands instituts bancaires d'outre-Atlantique... Optimisme oblige, Merrill Lynch à l'instar de Citigroup et d'UBS se montre très confiant pour 2008. Le nouveau patron de la banque d'affaires américaine, John Thain, a ainsi déclaré hier: «Notre première priorité était la situation de nos fonds propres. Nous avons dès lors fait en sorte d'être mieux capitalisés pour aborder 2008», faisant référence aux deux injections d'argent frais pratiquées par des fonds asiatiques depuis le mois de novembre pour un total de 12,8 milliards de dollars.
Nettoyés, les subprime Tout le monde, évidemment, s'accorde à le penser. Hier, en tous les cas, les banquiers privés suisses, qui tenaient à Berne, leur assemblée générale annuelle, se sont plu à marquer leur différence avec les grandes banques internationales qu'ils ont qualifiées de «mastodontes de la branche». Ainsi, selon Nicolas Pictet, associé chez Pictet & Cie, «les banquiers privés suisses sortent même renforcés de la crise des crédits aux Etats-Unis. Ils ont en effet su tirer profit de business models différents.» Cela dit, concède le banquier privé genevois, «on peut s'attendre cette année à un certain tassement de la croissance, même si les marchés boursiers demeurent fondamentalement attrayants.»