Prises à leur propre jeu

Cédric Berger, avocat à l’étude genevoise Kostenbaum Associés, connaît bien ce phénomène pour avoir traité plusieurs conflits sur les bonus à Genève. «Les cas sont effectivement assez fréquents et relèvent du droit du travail. Il est vrai que la fidélité envers les établissements n’est plus ce qu’elle était il y a encore quelques années». Et l’avocat de relever un autre problème: «Beaucoup de banques offrent d’importants bonus pour réussir des gains à court terme. Mais elles minimisent les coûts salariaux que cela peut engendrer à long terme. En outre, les promesses d’apports de fonds sont très difficiles à mesurer par les établissements et beaucoup de gestionnaires ne sont ensuite pas capables de les réaliser». Les sociétés se trouvent donc parfois prises à leur propre jeu et la confirmation de l’activité de banque d’affaire à Genève ne devrait pas arranger les choses. C’est en effet dans ce secteur que l’on constate généralement les plus importants transferts d’équipes entre établissements.
Licencié, il attaque sa banque pour garder un bonus de 150?000 francs

Une banque genevoise a engagé un manager avec effet au 1er octobre 2001 après négociation des conditions-cadres. Le salaire convenu devait se monter à plus de 201'000 francs par année. Une clause additionnelle prévoyait par ailleurs que la banque paierait, pour l’année 2002, à titre exceptionnel, un bonus de 150?000 francs pour combler une différence de salaire avec son emploi précédent. La garantie de ce bonus était cependant soumise à la condition que le manager soit toujours employé, sans même qu’un avis de résiliation ait été donné, à la date du paiement du bonus, laquelle était fixée au mois de mars l’année suivante. La condition d’engagement de cette personne était d’apporter à la banque 100 millions de francs d’avoirs sous gestion dans les deux ans.