Le nouveau géant bancaire entend dégager 1,2 milliards d'euros de synergies d'ici 2010, essentiellement grâce à des économies de coûts. A l'opposé, les coûts de restructuration sont estimés à 1,1 milliard d'euros. Avant l'annonce de la fusion, les syndicats avaient approuvé son principe tout en manifestant leur inquiétude pour l'emploi. Le nouvel ensemble comptera comme premier actionnaire la fondation des caisses d'Epargne de Vérone (3,9%) suivi de l'assureur allemand Munich Re (3,7%). Grâce à cette opération, le patron d'Unicredit Alessandro Profumo, qui a déjà impulsé l'une des premières fusions transfrontalières en 2005 avec le rachat de l'allemand HVB, pousse un peu plus les pions de son établissement sur l'échiquier européen. Avec Intesa Sanpaolo, quatrième banque de la zone euro, l'Italie va disposer de deux poids lourds de la banque européenne. "Nous avons désormais deux grandes banques européennes et j'espère qu'elles pourront soutenir les entreprises italiennes dans le monde entier. Il s'agit d'un renforcement positif pour le pays", avait commenté dès vendredi le chef du gouvernement Romano Prodi. Cette opération marque pratiquement la fin de la consolidation du secteur bancaire en Italie puisque Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), la banque de Sienne, est la seule grande banque restée à l'écart des concentrations. Derrière les deux premiers groupes, plusieurs banques coopératives se sont rapprochées ces derniers mois tandis que d'autres ont été absorbées par des groupes étrangers, comme Banca Nazionale del Lavoro (BNL) par BNP Paribas. La concentration du secteur bancaire italien s'est accélérée fin 2005 avec l'arrivée d'un nouveau gouverneur de la Banque d'Italie, Mario Draghi, favorable au processus et ouvert à la percée d'établissements étrangers, inaugurée par le rachat de la banque régionale Banca Antonveneta par le néerlandais ABN Amro.