Le groupe britannique est présent dans l’information économique depuis plus d’un siècle et demi.
Fondée en 1851 à Londres par un immigré allemand, Paul Julius Reuter, l’entreprise se spécialise d’emblée dans la transmission des cours de Bourse vers Paris, à l’aide d’une flotte de 200 pigeons, du télégraphe reliant Douvres à Calais, et d’un garçon de 11 ans.
En 1858, le réseau d’informations s’étend en Europe et en 1865, la nouvelle de l’assassinat du président américain Lincoln traverse l’Atlantique en 12 jours, Reuters interceptant le courrier sur un bateau au large de l’Irlande avant de le télégraphier à Londres.
La mort de son fondateur en 1899 à Nice n’enraye pas le développement du groupe, qui se met à la radio en 1923, à l’électronique en 1964 avec le Stockmaster, avant l’apparition du premier écran d’ordinateur, Videomaster, en 1970. Ses terminaux fournissent aujourd’hui données et systèmes d’échange à 370.000 professionnels de la finance.
Reuters, introduit en Bourse en 1984, a tiré l’an dernier 90% de son chiffre d’affaires de 2,7 milliards de livres de sa division de services financiers, forte de 14.500 personnes. Mais il est surtout connu dans le monde pour son agence de presse, dont les 2.400 journalistes diffusent dépêches, photographies et vidéos depuis 196 bureaux répartis dans 131 pays.
Son indépendance éditoriale est garantie par la Reuters Share Founders Company, qui interdit à tout actionnaire de posséder plus de 15% du capital et peut bloquer tout rachat, grâce à une "Golden Share" qui lui assure 30% des droits de vote en assemblée générale.
La fondation a cependant donné son accord à une reprise du groupe par Thomson et les syndicats de journalistes ont protesté contre le fait que la famille Thomson détiendra 53% du nouveau groupe.
Le capital de Reuters est actuellement éclaté entre un grand nombre de groupes financiers, le gestionnaire de fonds Schroders et la banque d’affaires Goldman Sachs comptant parmi les principaux actionnaires.