L’UBS rêverait-elle aussi d’ABN Amro?
Par Crédit financement le mardi, mai 15 2007, 23:01 - Banques - Lien permanent
L’UBS rêverait-elle aussi d’ABN Amro?
L’information tombée ce week-end titille tous les acteurs du marché. Et
on les comprend, car elle s’inscrit dans la plus grosse bataille que le
secteur bancaire ait connue. Un porte-parole de l’UBS a ainsi confirmé
à l’agence Reuters que la grande banque suisse «détenait 5,3% des
droits de vote de son concurrent hollandais ABN Amro, liés à un paquet
d’actions de 3,14%», contrôlé directement ou indirectement par le biais
de ses filiales.
Les spéculations vont dès lors bon train, prêtant à l’UBS la volonté de
se mêler au rachat d’ABN Amro, qui pèse aujourd’hui 67 milliards
d’euros en capitalisation boursière et qui a réalisé en 2006 un
bénéfice net de 4,8 milliards d’euros, en hausse de 7,6%. La première
banque néerlandaise est, en effet, l’objet de convoitises multiples,
depuis que le fonds d’investissement britannique TCI – qui affirme
détenir 3% d’ABN Amro – a accusé l’actuelle direction de négliger les
actionnaires, en ne faisant pas progresser l’action de la banque. TCI a
alors réclamé «un démantèlement, une scission, une vente ou une fusion
de ses différentes activités», voire carrément une cession du groupe
tout entier.
Guerre entre Anglais
Depuis mars dernier, tout est dès lors allé très vite. La première, la Barclays Bank a témoigné son intérêt d’une fusion complète entre les deux instituts bancaires. Prix proposé par la banque britannique: quelque 67 milliards d’euros (110 milliards de francs). L’affaire semblait entendue, tant le président du conseil d’administration d’ABN Amro, Rijkman Groenink, assume sa préférence pour la Barclays. Hélas pour lui: un consortium de banques, regroupant la Royal Bank of Scotland, l’Espagnol Santander et le Belgo-Néerlandais Fortis s’est lancé dans une contre-offre de 72 milliards d’euros.
Depuis trois semaines, Rijkman Groenink, se bat pour repousser ce partenaire dont il ne veut pas. Il vient pourtant de perdre une première bataille devant un tribunal hollandais, qui a jugé que les modalités qu’ABN Amro avait conclues avec Bank of America pour la vente de sa filiale américaine LaSalle ne respectaient pas le droit des actionnaires à se prononcer.
Et c’est à cet instant qu’intervient l’UBS… Son porte-parole se refuse, évidemment, à dévoiler les intentions de la grande banque suisse: «L’UBS a pour habitude de gérer des avoirs de fonds institutionnels. De surcroît, toute prise de participation de notre banque dans ABN Amro se ferait indépendamment du rôle de conseiller que nous jouons auprès d’elle.»
Comprenne qui pourra. Mais il est vrai que la banque néerlandaise cherche des soutiens pour résister au consortium mené par la Bank of Scotland. Il se peut en outre que l’UBS – premier gérant de fortune du monde – soit elle-même intéressée par les activités de private banking d’ABN Amro. En 2006, sa filiale suisse affichait ainsi 23,5 milliards de fonds sous gestion.
» Un monstre sain
UNE OPA PROFITABLE Depuis février dernier – moment où le fonds d’investissement britannique TCI a accusé l’actuelle direction de négliger les actionnaires, en ne faisant pas progresser l’action de la banque – le cours de l’action ABN Amro a gagné plus de 30%
.
PRÉSENCE IMPORTANTE
EN SUISSE ABN Amro est l’une des plus importantes banques étrangères en Suisse: private banking, investiment banking et corporate banking. Elle compte quelque 600 salariés. En 2006, la filiale suisse de la banque affichait 23,5 milliards de fonds sous gestion. D’où l’intérêt possible d’UBS. E. E.